« 2010, la gouvernance dentreprise à lépreuve des faits sociaux »
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Ne nous laissons pas griser par les informations euphoriques et soigneusement préparées promettant une «sortie de crise» imminente, et une rentabilité alléchante des placements sur les marchés financiers régulés ou non régulés. Disons simplement que cest du bon marketing, des tests du niveau de stress des investisseurs, un climat fabriqué pour préparer la phase de consolidation des entreprises de tous les secteurs qui devrait saccélérer durant lannée 2010, accompagnée dune opération de nettoyage sans précédent du secteur banque-assurance dans lespace économique européen.
 Nous avons déjà décrit «les trois phases dune crise financière dévastatrice mais de courte durée », et pronostiqué la fin de la crise financière à la fin du premier semestre 2010, à condition que les mesures de régulation et de supervision des institutions financières soient adoptées, appliquées sans tarder et auditées en permanence. Sinon les conséquences sur léconomie réelle, la récession et les destructions demplois qualifiés se poursuivront. Elles ne pourront plus être maîtrisées. Les tensions sociales avec la bulle de la dette publique-privée sont les principaux dangers à redouter en ce début dannée 2010. Des effets systémiques dune autre nature menacent. Les faits sociaux, estompés par cette ère de prospérité exceptionnelle de 1994 à 2008, ont été longtemps négligés par les conseils dadministration (CA) des entreprises moteur de léconomie mondiale (le climat social de lentreprise, la gestion des ressources humaines et de la formation, les conflits du travail sont rarement portés à lattention des administrateurs) ; la crise économique et sociale devrait ébranler les certitudes des membres des CA et celles des mandataires sociaux.
 En cette fin dannée 2009 la priorité était, semble-t-il, donnée à la concentration des pouvoirs de contrôle et de gestion sur une seule tête, le PDG, afin de «simplifier les circuits de décision», et pourquoi pas «faire des économies déchelle» ! Avoir un président du CA, dégagé des responsabilités opérationnelles, disposant de plus de temps pour élaborer la stratégie , appréhender le long terme, anticiper, détecter et maîtriser les risques, et mieux contrôler les résultats des opérationnels ... nest plus aujourdhui un principe de gouvernement dentreprise respectable. Les travaux des comités spécialisés du conseil d'administration ou du conseil de surveillance tendent à devenir opaques, et lassiduité des administrateurs nest plus mesurée avec la même rigueur ; la transparence et la sincérité de linformation financière communiquée aux actionnaires et au marché sont soumises à des restrictions subtiles.
 Le temps est venu dédifier des «murailles de chine», de fortifier des lignes Maginot réputées imprenables, en recourant à une batterie de «pilules empoisonnées» habilement camouflées. La gouvernance dentreprise doit céder le pas à lautodéfense, à la panique ou au jugement dernier des actionnaires ! Qui va rester en vie à la fin de lannée 2010 ? On peut sinterroger légitimement si la gouvernance dentreprise résistera à lépreuve des faits sociaux en 2010, car partout les témoins dalerte clignotent dans les pays industrialisés occidentaux, les nouveaux tigres dAsie, les BRIC et les PIG, mais aussi dans les pays émergents. Le moteur chauffe, faut-il changer de lubrifiant ou changer de conducteur ? A notre avis les principes de gouvernement dentreprise, le choix de la gouvernance ne sont pas en cause ; cest le conducteur quil faut remplacer. Une génération de dirigeants, qui na pas démérité en majorité, est dépassée par cette mutation des entreprises engagée malgré eux, dans ce contexte post globalisation de crise économique, sociale et culturelle. Lépreuve des faits sociaux va précipiter cette mutation salutaire des entreprises, appelées à devenir les acteurs compétitifs de ce monde meilleur, qui se forge difficilement.Ce monde meilleur où sera rétablie la primauté du facteur humain sur les priorités économiques et financières.
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| Jean-Aymon Massie |
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| Président |
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| AFGE |
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LAFGE est un forum permanent de discussion, dinformation et de médiation ouvert entre les entreprises et leurs actionnaires sur les principes de gouvernement dentreprise, éthiques et du développement durable.
 Elle rassemble sur cet objectif commun les investisseurs institutionnels, les investisseurs individuels, salariés ou non salariés, et les entreprises, afin de promouvoir ces principes, de les mettre en oeuvre pratiquement et de veiller de manière continue à leur application. |
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