Nous pourrions avoir 5-6 milliards deuros déchangés sur le marché de limmobilier coté dici la fin de lannée et 7 milliards en 2010. Nous restons dans des zones de retrait important par rapport à 2006 et 2007 ?

Les deux volumes hors norme de 2006 et 2007 (18 et 27 milliards deuros) ne peuvent pas servir de référence. La moyenne sur long terme est de 12-13 milliards annuel. Cest ce quon a connu en 2008.
Comment appréhendez-vous le fait que le taux de détention des investisseurs institutionnels soit particulièrement bas...

Ce taux est destiné à progresser dans les trimestres à venir. Un acteur comme Axa Real Estate a un taux de détention au niveau mondial de 4%, ce qui est très faible. Notre volonté est daugmenter ce poids dun ou deux points dans les actifs dassurance. Nous sommes à un moment opportun pour le faire.
Quel regard portez-vous sur larbitrage fait dans les actifs par les sociétés foncières ?

La vie dune foncière est darbitrer en permanence. La politique de rotation doit concerner aussi bien les bureaux que les centres commerciaux.

Jusquen 2003 les sociétés foncières narbitraient pas du tout leurs actifs. Le régime SIIC (Société d'Investissement Immobilier Cotée) qui a limité limposition des plus values de cession à 16,5% a changé la donne.

On a commencé à observer la vente dimmeubles haussmanniens qui rapportaient du 2,5%, arrivés à maturité au profit dun socle dactifs moins prestigieux avec 5-7% de rendement.
Si lon prend lexemple de la Foncière des régions, cest un bon signe quune foncière achète des actifs immobiliers après avoir cédé près de 650 millions deuros depuis le début de lannée 2009.
Quid du mouvement de consolidation ?

Si aucune foncière na mis la clé sous la porte pour le moment, certaines devraient constituer des cibles intéressantes pour de plus grands établissements.

Au-delà de lacquisition de sociétés cotées, des portefeuilles dans leur globalité pourraient être rachetés.
Au demeurant, la consolidation a déjà eu lieu dans une certaine mesure. Quand Unibail rachète Rodamco ou Klepierre rachète le portefeuille de centres commerciaux scandinaves, quand la foncière des régions rachète Beni Stabili pour 200 millions à un taux de rendement de 7%. Il est possible que dans 18-24 mois, nous voyons dautres opérations.
De quelle manière considérez-vous lacquisition du portefeuille de centres commerciaux scandinaves par la société Klepierre...

Face aux difficiles conditions du moment, la société dinvestissement a dû procéder à une augmentation de capital pour financer cette opération mi 2008 avec un taux deffort à 7 ou 8%. Elle sest retrouvée avec un «loan to value» (ratio mesurant la part de la dette mise en place dans le prix d'acquisition total d'un actif) au dessus de 50%. Cette situation dendettement pouvait apparaitre comme préoccupante mais la société disposait dun certain nombre de moyens pour éviter une rupture de covenant. En outre, lopération aura probablement des impacts très positifs dans les trois ou cinq ans à venir.
Des problèmes de financement ne se poseront-ils pas ?

Le marché du crédit souvre progressivement. La Foncière Lyonnaise est récemment parvenue à obtenir des lignes sélevant à 300 millions deuros. Elle a su saisir une fenêtre dont lutilisation ne sera pas immédiate.

Cependant, je ne pense pas que nous verrons des opérations à 2 ou 3 milliards se réaliser.
Quels sont vos principaux paris ?

Unibail, Klepierre, Mercialys, la Foncière des régions constituent nos principales convictions.

Nous avons également confiance dans le modèle de Nexity, Tour Eiffel, Gecina. Cette dernière société a rencontré des problèmes de gouvernance évidents. Mais cela nentame en rien la qualité de ses actifs, de sa politique dinvestissement et sa politique darbitrage.
Entre Unibail et Mercialys quel vous parait être le modèle le plus résistant ?

Mercialys est une société davantage monoproduit, un centre commercial de taille moyenne avec un hypermarché, souvent un Casino.

La force dUnibail, propriétaire de la majorité des plus grands centres commerciaux régionaux en Europe ou de Klepierre est davoir une importante diversification du risque, et de compenser les pertes dans les régions les plus mises à mal, comme typiquement aujourdhui lEspagne et le Portugal.

Unibail fait -8% de chiffre daffaires dans ses centres commerciaux en Espagne quand la consommation fait -12%. Klepierre est une situation comparable au Portugal.
Combien avez-vous dencours sous gestion ?

Un peu plus de 400 millions deuros dencours. Nous étions à environ 200 millions en début dannée et à un milliard début 2007.
Propos retranscrits par Imen Hazgui à la suite de la conférence de presse organisée par Allianz GI France