« Les vins français restent la référence qualitative »
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A combien se montent les exportations de vins français et quels sont les principaux marchés ?
 Les exportations de vins et spiritueux français ont atteint 9,4 milliards deuros en 2008. Si lon retranche les importations, on obtient un solde extérieur positif de 8 milliards deuros. A titre de comparaison, ce solde était de 5,8 milliards en 2005. Le trend est donc positif.
 La part de lUnion européenne dans les exportations de vins français tourne autour de 70% depuis une dizaine dannées. Hors UE, le premier marché est aux Etats-Unis, suivi du Japon, du Canada, de Singapour, de Hong Kong et de la Chine.
 La Chine nétait pas dans le top 20 de nos principaux marchés il y a cinq ans, aujourdhui elle approche du top 10. Le pays multiplie par deux ses importations de vins chaque année. Quant aux Etats-Unis ils restent un marché très dynamique. Les importations américaines de vins étrangers nont cessé de progresser au cours des vingt dernières années.
 En tant que chef de projet chez UbiFrance, vous accompagnez des viticulteurs dans la commercialisation de leurs produits à létranger. Les vignerons français sont-ils plus nombreux aujourdhui à se lancer à lexport ?
 La France exporte environ 30% de sa production, et ce ratio est stable. Nous ne constatons pas quun nombre plus important de vignerons se lance sur les marchés étrangers. Ceux qui le font restent une minorité.
 Quel a été limpact de la crise sur les exportations de vins français ?
 Les effets de la crise ont commencé à se faire sentir à la mi-2008, avec notamment un ralentissement aux Etats-Unis. Le second semestre 2008 a été mauvais sur lensemble des marchés. Et 2009 nest pas une belle année.
 Les crises précédentes navaient pas impacté la consommation de vins et spiritueux à une aussi large échelle. Les importateurs ont pratiquement coupé leurs achats et préfèrent écouler leurs stocks. Sur les huit premiers mois de 2009, les exportations ont ainsi reculé de 12,4% en volume et 25,7% en valeur.
 Si la crise a douché lenthousiasme qui prévalait depuis plusieurs années, on observe aujourdhui quelques signes de reprise. La consommation de vin en elle-même nest pas remise en cause, ni la demande pour les très grands crus. Il est toujours plus facile de vendre des bouteilles à 500 euros que des bouteilles à 3 euros. Les Japonais, les Chinois, les Américains alimentent la spéculation.
 La France reste-t-elle la référence mondiale en matière de vin ?
 Jusquà la fin des années 80, la France dominait le marché avec lItalie, lEspagne et la Grèce. Dans les années 90 sont apparus les vins du Nouveau Monde qui ont révolutionné la consommation, en sadaptant aux goûts des consommateurs, quils ont décomplexés vis-à-vis du vin. Du coup, la consommation mondiale a augmenté.
 La France en a profité mais ses parts de marché reculent. Elle a par exemple perdu sa place de numéro un au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, même si elle reste le premier exportateur mondial en valeur.
 Les vins français gardent une légitimité, ils restent la référence qualitative. Mais pour gagner des parts de marché, nos vignerons devront mieux expliquer leur vin et jouer sur la variété de leurs AOC (appellations dorigine contrôlée) comparée aux vins standardisés du Nouveau Monde.
 Propos recueillis par François Schott
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| Brice Faravel |
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